L'acquisition faite avec les deniers de l'époux n'est susceptible d'être qualifiée de
donation déguisée que si les deniers n'ont pas servi à rémunérer le travail de l'épouse au-delà des charges du ménage et sans rémunération.
Dans le cas d'espèce, les juges ont annulé les donations déguisées réalisées par M. X... au bénéfice de Mme Y.M. X... a épousé, sous le régime de la séparation de biens, Mme Y... dont il a
divorcé.
L'acquisition de l'appartement a été financée par des fonds propres de M. X... et le compte joint, d'où provenait la somme versée par Mme Y..., avait été alimenté par le produit de la vente de la clientèle de M. X... et par celui de la vente d'un autre appartement sis ... qu'il avait intégralement payé.
Après son décès, ses trois enfants issus d'une précédente union ont saisi le tribunal soutenant que l'appartement acquis par Mme Y... avait été financé par leur père et que ce financement constituait une donation déguisée.
En effet,
la donation n'est pas rémunératoire dès lors qu'il n'est pas démontré que l'épouse a assisté son mari au-delà des charges du mariage et sans être rémunérée à hauteur de ce qui dépassait cette contribution.
Quand l'aide apportée à l'activité professionnelle de l'autre conjoint a déjà été prise en compte dans la détermination de la
prestation compensatoire, elle ne peut l'être une seconde fois.
Voir :
C.cass. 1ère ch.civ. 14 avril 2010 (pourvoi n°09-12948)